Jéhovah

Gloire à Dieu seul ! son nom rayonne en ses ouvrages !
Il porte dans sa main l’univers réunit ;
Il mit l’éternité par delà tous les âges,
Par delà tous les cieux il jeta l’infini.

Il a dit au chaos sa parole féconde,
Et d’un mot de sa voix laissé tomber le monde.
L’archange auprès de lui compte les nations,
Quand, des jours et des lieux franchissant les espaces,
Il dispense aux siècles leurs races,
Et mesure leurs temps aux générations !

Rien n’arrête en son cours sa puissance prudente ;
Soit que son souffle immense, aux ouragans pareil,
Pousse de sphère en sphère une comète ardente,
Ou dans un coin du monde éteigne un vieux soleil ;

[…]

Oh ! la création se meut dans ta pensé,
Seigneur ! tout suit la voie en tes desseins tracée.
Ton bras jette un rayon au milieu des hivers,
Défend la veuve en pleurs du publicain avide,
Ou dans un ciel lointain, séjour désert au vide,
Crée en passant un univers !

L’homme n’est rien sans lui, l’homme, débile proie,
Que le malheur dispute un moment au trépas.
Dieu lui donne le deuil ou lui reprend la joie.
Du berceau vers la tombe il a compté ses pas.

[…]

Gloire à Dieu seul ! son nom rayonne en ses ouvrages !
Il porte dans sa main l’univers réunit ;
Il mit l’éternité par delà tous les âges,
Par delà tous les cieux il jeta l’infini.

(Décembre 1822)